CARTaGENE révèle les premiers résultats de son étude COVID-19

Résultats de l’enquête COVID-19 CARTaGENE

 

Le questionnaire en ligne CaG COVID-19 a été proposé à plus de 33,000 participants de la cohorte populationnelle du Québec CARTaGENE début juin 2020. L’invitation était valide pendant 4 semaines et le questionnaire a été fermé en début juillet.

 

Les informations demandées concernaient : (i) l’existence de manifestations évocatrices d’une infection COVID-19, les tests effectués et les résultats, l’évolution, (ii) les antécédents médicaux, (iii) les facteurs socio-démographiques et les facteurs de risques potentiels, (iv) les conséquences de la pandémie sur la vie de tous les jours.

 

Des résultats comparables à ceux observés au Québec

En date du 6 juillet 2020, 8,129 participants ont rempli le questionnaire. Parmi eux, 8% avaient été testés pour la COVID-19, soit 649 participants testés, et parmi ces derniers 6,3% (41) étaient positifs. Ces chiffres sont similaires à ce qui a été observé au Québec (7,3% de la population testée et 7,4% de cas positifs parmi les tests réalisés). Le délai moyen pour recevoir le résultat d’un test était de 3 jours. Trois personnes ont été hospitalisées pour une infection COVID-19 mais aucune d'entre elles n’a été hospitalisée en unité de soins intensifs.

 

Le personnel médical et les personnes ayant eu un contact avec un individu positif pour l’infection COVID sont les plus testés et les plus positifs.

Les participants vivant à Montréal (point central de l’infection COVID), habitant dans un appartement/condominium, atteints d’une maladie respiratoire chronique et exposés à des risques potentiels d’infection (travailleur médical, contact avec un sujet atteint de la COVID-19) étaient plus fréquemment testés.

Parmi plus de 600 participants testés, le personnel médical et les personnes ayant eu un contact avec un individu positif pour la COVID-19 représentaient les deux groupes les plus importants (32% et 42%, respectivement). Ils étaient également les deux groupes ayant le plus fort taux de positivité (17% et 13%, respectivement). Les autres participants avaient été testés suite à la présence d’un des 4 symptômes compatibles avec la COVID-19 retenus par le Ministère de la santé et des services sociaux (MSSS): fièvre (>38°C); toux (récente ou chronique exacerbée); difficulté respiratoire; anosmie (perte d’odorat) brutale sans obstruction nasale, accompagnée ou non d’agueusie (perte du goût).

 

Une proportion non négligeable de participants ayant eu des symptômes liés à la COVID n’a pas été testée.

Il est important de noter que 7,6% de l’ensemble des participants déclarent avoir eu l’un des 4 symptômes compatibles avec la COVID-19 et n’ont pas été testés.

 

Une symptomatologie particulière

Les facteurs les plus fortement associés au fait d’être positifs étaient : anosmie, fièvre et céphalée. Les symptômes tels que la sinusite, l’otite, le mal de gorge, le nez qui coule ou la toux grasse qui pouvaient être signalés lors du test n’étaient pas associés à la positivité du test.

 

Un accès aux soins plus difficile mais un recours aux consultations virtuelles plus largement utilisé.

Un tiers des participants ont expérimenté une diminution de l'accès aux services de santé. Cependant, il est intéressant de noter que les consultations médicales virtuelles ont été largement utilisées.

 

Un impact socio-économique et psychologique plus important pour les femmes et les jeunes participants.

Si l’impact de ces deux premiers mois de pandémie reste globalement limité, on note une augmentation de la consommation alimentaire, une diminution de l’activité physique ainsi qu’une augmentation de l’anxiété légèrement plus élevée chez les femmes. On note une légère diminution des revenus parmi les plus jeunes participants.

 

Un changement des habitudes.

La majorité des participants ont changé leurs habitudes de vie et ont en particulier restreint l’usage des transports collectifs.

 

En conclusion, les principaux enseignements collectés lors des premiers mois de pandémie sont les suivants:

(i) La structure préexistante de la cohorte populationnelle CARTaGENE a démontré son rôle de vigie de Santé Publique durant cette pandémie en recueillant et en analysant dans des délais très courts des résultats utiles pour la Santé Publique, (ii) Il a semblé manquer d’accessibilité aux tests pour les personnes ayant des symptômes compatibles avec la COVID-19 lors de la première vague; (iii) Les 4 principaux symptômes retenus par le MSSS semblent tout à fait adéquats pour l’indication à réaliser un test de dépistage; (iv) L’accès aux soins a été très perturbé pendant le confinement mais des consultations à distance ont permis de compenser cet effet et un effort particulier du système de santé devrait être à considérer en vue d’une possible seconde vague; (v) Les impacts socio-économiques et psychologiques semblent modérés pour l’instant mais méritent d’être surveillés dans les prochains mois.

 

Référence de l’étude :

Epidemiological and socio-economic characteristics of the COVID-19 spring outbreak in Quebec, Canada: A population-based study (https://www.medrxiv.org/content/10.1101/2020.08.26.20182675v1).

CaG révèle les premiers résultats de son étude COVID-19